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R.evolution Of Our Time
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18:18
Voici notre monde tel qu’il est : inégalitaire, injuste, violent, individualiste et extrémiste. Majoritairement, nous sommes tous d’accord pour dire cela. Mais il existe des personnes voulant changer cet état de fait. Souvent ces personnes sont considérées comme idéalistes et taxées d’utopie. Je choisis le terme « taxer » car aujourd’hui être utopiste c’est « négatif ». L’utopiste n’est pas pris au sérieux, c’est un doux rêveur qui n’a pas les pieds sur terre et dont le discours est souvent considéré comme simpliste, sans fondement, irrationnel et au final vite passé à la trappe.
Alors je me suis demandée, pourquoi ? Qu’est-ce que l’utopie exactement ? Pourquoi aller contre elle et pourquoi est-elle considérée comme impossible ?
Le terme "utopie" a été inventé par Thomas More en 1516. C’est une néologisme grec signifiant à la fois « lieu de nulle part » et « lieu de bonheur ».
C’est une conception imaginaire d’une société idéale dans laquelle la justice est équitable, le pouvoir bon, la richesse est accessible à tous, où le travail est un plaisir, où les ressources naturelles sont mises en commun. Une société dans laquelle le bonheur est individuel et collectif, où la souffrance n’existe plus.
Sachant que Thomas More était profondément humaniste, on ne peut s’empêcher de lier l’idée de l’utopie à la pensée Humaniste.
L’humanisme se caractérise par le respect de la personne et de la valeur humaine, par la tolérance entre individus et par la DEMOCRATIE au niveau de la NATION.
En associant les caractéristiques de l’utopie et de l’humanisme, on s’aperçoit bien qu’il ne s’agit pas seulement d’un courant littéraire et d’une pensée philosophique, mais belle est bien une idée politique. Cette idée politique, exprimée par Platon et Hegel, définit l’Etat parfait lequel doit être organisé conformément à la raison et aux besoins légitimes des individus et créé de manière à ce qu’il puisse agir avec une efficience maximale en vue de promouvoir les valeurs authentiques de l’humanité.
Il me semble qu'aujourd’hui, nous ayons oublié l’aspect politique de l’utopie par sa fonction contestataire des gouvernements existants dans nos société. A l’école on étudie Candide en mettant l’accent sur le côté fictionnel de l’œuvre, la naïveté du personnage et de découverte purement imaginaire et inaccessible d’un lieu utopique qu’est l’Eldorado.
De nos jours, on nous a tellement inculqué que l’utopie était impossible que ces deux termes sont devenus quasi synonymes. Plus grave encore, aujourd’hui on nous apprend à mépriser l’utopie en considérant ces idées comme irrationnelles et simplistes. Mais pourquoi ?
Pourquoi une telle campagne de dénigrement à l’encontre de l’utopie ?
La seule réponse que j’ai trouvé est que cela arrange bien les institutions socio-politiques misent en place dans nos sociétés. Je m’explique :
L’utopie a pour point de départ le constat négatif de notre société existante et la met en opposition à une société dite idéale. Au travers de ce procédé, l’utopiste va ouvrir des pistes de réflexions sur une autre façon de gouverner, sur la modification du système économique et judiciaire et ce pour le rendre meilleur. Ils proposent, non pas une société idéale et imaginaire, mais une alternative à un monde qui existe déjà, en redéfinissant les priorités et les pouvoirs mis en place, ce qui reviendrait à modifier voire renverser les institutions socio-politiques existantes et retirer le pouvoir des mains d’une catégorie minoritaire de la population que l’on nomme la classe dirigeante. Je citerai Claude Mazauric qui dit :
« La démarche utopique peut devenir une invitation à la contestation pratique, ou en tout cas, un refus de la résignation au malheur de vivre. L’utopie peut donc devenir altercation polémique, altérité pensée et appel à une alternance politique. »
L’utopie offre la plus grande force à l’Homme, cette force qui lui permet de se battre : L’ESPOIR.
Inculquer au peuple que l’utopie est irréalisable et inaccessible revient à anéantir l’espoir et par conséquence détruire toute envie de se battre pour faire changer les choses. Et pour consentir à cela tout en ayant bonne conscience nous acceptons l’idée que l’utopie est inenvisageable de part la nature même de l’Homme. Cette nature dite égoïste, égocentrique et individualiste.
Mais je suis un être humain, j’ai ma part d’égoïsme, d’égocentrisme et d’individualisme, mais cela ne m’empêche pas de faire attention à mon « voisin ». Je suis capable de révolte et d’indignation à propos de sujets et d’actions auxquels je ne suis pas directement liée. Je me soucis des autres, et je suis loin d’être la seule. Quand on regarde et que l’on écoute bien autour de soi, on ne peux que se rendre compte que majoritairement, à échelle certes différente, les êtres humains sont comme ça. Pour simple preuve toutes les associations visant à protéger, soutenir et aider son prochain. On ne peux pas ignorer cela. Alors oui, l’Homme est égoïste et individualiste, c’est un fait, mais il est aussi capable d’empathie et de solidarité et ça aussi c’est un fait établi.
Si l’on considère, comme Rousseau, que l’Homme est naturellement bon, mais qu’il est corrompu par les institutions sociales, alors ce n’est pas l’Homme le problème, mais la société. Ceci dit, les institutions sociales ont été érigées par l’Homme lui-même, si ces institutions ne correspondent pas pleinement à la nature de l’Homme ; j’entends par là, qu’elles ne répondent pas à ses attentes, clairement exprimées, de partage, d’entraide et de fraternité ; il serait peut être tant de les modifier, nous le pouvons vu que c’est nous-mêmes qui les avons créées.
Cette capacité de changement d’un système qui ne fonctionne pas ou mal est possible et nous avons pour preuve l’Histoire elle-même. Les sociétés féodales sont passées de la monarchie à l’impérialisme pour enfin arriver à la république démocratique. Alors certes, tous les états ne sont pas encore démocratiques, mais cela ne signifie pas qu’ils ne le seront jamais. Il a fallu à la France 18 siècles pour avoir la Révolution Française qui a conduit à instaurer la première république. Et il faut ce dire qu'en ce temps-là, certains discours des Philosophes des Lumières ont eu un rôle déterminant sur la Révolution Française, et particulièrement sur les acquis que celle-ci a générés, c’est-à-dire la première Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Tout comme Platon avec La République, les idées sur une nouvelle société, exprimées par les Lumières dans leurs discours étaient considérées comme utopistes et pourtant elles se sont concrétisées, du moins en partie, on ne peut nier que la société est devenue meilleure, pas encore parfaite mais MEILLEURE. Alors oui nos sociétés démocratiques ne sont pas parfaites, mais il ne tient qu’à nous de l’améliorer et de continuer à se battre pour une meilleure société.
Car, quand on y réfléchit bien, en quoi avoir une justice équitable est-il impossible ? N’est-ce pas la raison d’être de la justice ? En quoi avoir un pouvoir bon est-il impossible ? Si le système actuel ne permet pas le bon équilibre du pouvoir en faveur du peuple, c’est le système qu’il faut modifier, jusqu'à trouver la structure qui réponde aux exigences de la démocratie (c’est-à-dire le pouvoir au peuple).
Pourquoi le travail ne serait-il pas un plaisir ? Pourquoi les richesses ne seraient-elles pas accessibles à tous et les ressources mises en communs ?
Aujourd’hui plus d'un milliard d'êtres humains dans le monde ne disposent pas de 20 litres d’eau saine par jour alors qu'en France, nous consommons en moyenne 137 litres par jour et par personne, et qu'aux Etats-Unis, la consommation est d'environ 300 litres et sur 191 états 9 d’entre eux disposent de près de 60 % des réserves naturelles en eau douce.
Près de 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Alors que pour mener une vie active en bonne santé, un être humain a besoin de 2400 calories par jour. La production mondiale agricole permettrait d’offrir à tous les habitants de la planète 2700 calories par jour. Selon une étude des Nations Unies, 2% de l'humanité détiennent la moitié du patrimoine des ménages, tandis que la moitié de la population mondiale en détient 1%. Tout cela pour démontrer que nous avons les moyens à notre disposition pour une répartition égalitaire. Alors en quoi l’égalité et le bonheur sont-ils inimaginables ? Ce n’est et ce ne sera pas facile... Oui, MAIS ce n’est pas impossible.
Et si c’est le modèle de société qui existe aujourd’hui qui l’en empêche, alors il faut le changer. Théodore Monod a raison quand il écrit que l’Utopie, c’est simplement ce qui n’a pas encore été essayé !
La vrai question que l’on doit se poser ce n’est pas de savoir si l’utopie est impossible mais si le changement est possible.
Il me semble que oui, car comme l’Histoire nous l’a démontré, le propre d’une société, c’est sa mobilité. Il y a encore 10 ans, nous étions tous d’accord pour dire qu’il était impossible qu’un homme de couleur devienne Président des Etats-Unis. Aujourd’hui, en 2009, Barack Obama est le 44° Président des Etats-Unis. Et cela a pu être possible car il a su apporter de l’espoir au peuple.
L’espoir, c’est ça le grand combat de notre siècle : reprendre espoir.
Réapprendre à regarder le monde et l’Homme pour enfin arriver à voir sa beauté et sa bonté et la mettre en lumière. Se réapproprier sa nature humaine en acceptant le fait que nous sommes capable non pas seulement du pire mais aussi du meilleur. Oui, les Hommes ont commis et commettent encore des atrocités, et nous devons les voir et les garder en mémoire mais nous devons aussi voir et surtout mettre en lumière les « bonnes actions » que l’homme est capable de réaliser. Je rejoins l’une des idées fondamentales exprimée par Platon dans La République qui est :
« Chaque personne est d’une manière ou d’une autre capable de perfection et cela peut s’acquérir par la valorisation de ce que les personnes ont de mieux en elles, mais pour y arriver, les individus ont besoin l’un de l’autre. »
Nous devons croire en nous et aux autres et s’unir, car on retient que les Hommes ont été capables de s’unir en masse pour faire le mal, mais ce qu’il faut y voir c’est que cela démontre aussi que nous sommes capable de nous unir et sur 10 milliard d’êtres humains sur Terre, il y a une chose dont je suis certaine : c’est que plus de la moitié de ces hommes et ces femmes veulent un monde meilleur. Et si nous et nos futures générations arrivions à croire en cela, l’utopie ne sera pas impossible.
Texte: Nanie D.K
Source et lecture:
La République, Platon
L'Utopie, Thomas More
Théodore Monod (Lien)
Sur la répartition des richesses:
UNI-WIDER (format PDF)
Terre Sacrée (lien)
bravo pour cet article qui parvient à redonner espoir en la bonté de l'homme,meme à une vieille blazée comme moi! des gens réfléchissent et proposent des pistes possible,mais comment les faire connaitre ,comme lutter contre la désinformation quand le système en place détient les médias,le pouvoir législatif,judiciaire et executif!
je pense au piége placé sur la route des manifestants à Strasbourg,des gens pacifiques qui se sont fait tirer comme des lapins par les crs!des gens ont été grièvement bléssés pour avoir exprimé leurs idées et les seuls commentaires de nos dirigeants ont félicité les forces de "l'ordre" d'avoir bien fait leur travail!!!!